Ce qui vient de la nature n’est pas inoffensif par définition. Ce qui vient d’un laboratoire n’est pas suspect par définition. Pourtant, ce n’est presque jamais comme ça qu’on raisonne en matière de santé.
Cet article ne parle ni de fascias ni de massage. Il est né d’innombrables échanges avec mes clients, élèves, amis au fil des années — et de l’envie de prendre le temps de réfléchir à ce sujet.
Si vous cherchez un article qui tape sur les labos, internet en est rempli. Si vous cherchez un article qui défend les compléments, aussi. Ici, je développe le fond de ma pensée — avec les chiffres pour l’étayer.

🌿 Le mythe du naturel
Petit rappel : la morphine vient du pavot. La quinine — premier traitement contre le paludisme — vient de l’écorce de quinquina. L’aspirine vient du saule. Le curare, utilisé dans les services de chirurgie et de réanimation, est extrait d’une liane amazonienne.
Ce qui les a rendus efficaces et sûrs, ce n’est pas leur origine. C’est le travail de chercheurs qui les ont isolés, dosés, testés, purifiés — et qui ont établi exactement à quelle dose ils soignent, et à partir de quelle dose ils tuent.
Parce que la morphine non dosée tue. La quinine en excès rend sourd. L’aspirine à haute dose provoque des hémorragies. Le curare paralyse. Et que dire du venin de serpent ? 100% naturel — gratuit, même, pour peu que vous ayez le courage d’aller le chercher vous-même. Et pourtant, peu de gens l’avalent avec enthousiasme le matin au réveil pour traiter leur hypertension.
Cette évidence qu’on accepte tous instinctivement, on l’oublie dès qu’on lit « extrait de plante » sur une étiquette. Comme si le seul fait qu’une chose vienne de la nature la rendait bienveillante par définition.
« Naturel » ne veut pas dire « Sans danger ». Ça veut dire « Non testé, non dosé, non contrôlé » — jusqu’à ce que quelqu’un fasse le travail.
C’est exactement ce que fait la médecine moderne.
💰 Ce qu’on refuse de prendre en compte (et qui coûte cher)
En 2022, le baromètre Ipsos annonçait que 60 % des Français n’avaient plus confiance dans les laboratoires pharmaceutiques. Pourtant, derrière les discours anti-Big Pharma, il y a une réalité qu’on oublie souvent. Mettre un médicament sur le marché, ce n’est pas comme lancer une nouvelle tisane. C’est un processus titanesque qui prend souvent une dizaine d’années.
Développer un nouveau médicament coûte entre 600 millions et plus d’un milliard d’euros selon les estimations indépendantes — et jusqu’à 2 milliards selon l’industrie elle-même. Sur des milliers de molécules testées au départ, une seule arrivera sur le marché. Et une fois là, le retour sur investissement moyen de la R&D pharmaceutique oscillait entre 1 et 6% ces dernières années — ce qui signifie que la grande majorité des médicaments ne couvrent jamais leur coût de développement. Ce sont les rares blockbusters qui financent les échecs des autres.
L’argent généré est utilisé pour :
- Comprendre les mécanismes d’action de la molécule
- Prouver son efficacité réelle
- Tester sa sécurité sur de larges populations
- Isoler l’effet placebo grâce à des protocoles en double aveugle
- Respecter des contrôles qualité draconiens à chaque étape
Ce système n’est pas infaillible — on le verra. Mais au moins, quand un médicament arrive sur le marché, il a traversé un niveau d’exigence qu’aucun complément alimentaire n’atteindra jamais.
Pour un médicament
– Minimum 10 ans de tests
– Essais cliniques sur des milliers de patients
– Preuve d’efficacité exigée avant mise sur le marché
– Suivi des effets secondaires pendant des années
– Retrait du marché possible en cas de problème
– Pharmacovigilance obligatoire
Pour un complément alimentaire
– Aucune obligation de prouver une efficacité clinique avant d’être vendu
– Essais cliniques non obligatoires
– Mise sur le marché via déclaration dans la majorité des cas
– Contrôles qui ne garantissent ni la qualité réelle, ni la dose, ni l’efficacité
– Surveillance des effets indésirables… limitée
Pour être mis en vente…
👉 Un médicament doit démontrer qu’il est efficace.
👉 Un complément doit garantir qu’il n’est pas dangereux.
👻 La grande comédie des compléments alimentaires
Les gens qui prennent des compléments vous diront : « Ça a vraiment marché pour moi ! », « Depuis que j’en prends, mes mycoses aux orteils ont disparu ». Les adeptes de l’extrait de pissenlit — vendu pour la cellulite, l’eczéma, le psoriasis, les calculs biliaires, l’arthrose, la perte de poids, le diabète, l’hypertension, les infections urinaires, la constipation, l’appétit et même le cancer — vous diront aussi que cela les aide.
Vous pouvez bien leur avouer votre scepticisme, leur rappeler que n’importe qui peut en fabriquer, sans aucune obligation de prouver que ça fonctionne, ils vous citeront le dernier épisode d’un podcast animé par un médecin « censuré » — car ils se renseignent, eux — avant de repartir commander leur lot de trois mois en pharmacie discount.
Mais se sentent-ils vraiment mieux ? Peut-être. La question, c’est pourquoi. L’effet placebo fonctionne — c’est prouvé. Certaines pathologies évoluent par elles-mêmes, s’améliorent par cycles, indépendamment de tout traitement. Et puis, il y a cette grippe qui passe en une semaine, que vous ayez pris des comprimés au sucre ou que vous soyez resté sous la couette.
Un profil de consommateur qui surprend
On imagine facilement que les gens qui achètent ces compléments sont peu informés. Or, les données racontent une autre histoire. Selon les études de marché françaises, les plus grands consommateurs de compléments alimentaires sont des femmes de moins de 44 ans, diplômées, avec des revenus supérieurs à la moyenne. Des gens qui lisent, cherchent, posent des questions.
Moi, je fais clairement partie de la cohorte. Chaque fois que je donne une formation loin de Montpellier, je me drogue aux bonbons acérola (ceux qui ont un goût si proche des chewing gums de mon enfance) pour être sûr de ne pas tomber malade et j’avale des comprimés de vitamine B pour aider mon corps dans l’effort. Je sais parfaitement que cela ne sert pas à grand chose. Et je le fais quand même.
Ce n’est donc pas l’ignorance qui alimente ce marché. C’est quelque chose de plus profond.
🔢 Quelques chiffres…
🔎 En 2022, le marché mondial des compléments alimentaires représentait plus de 150 milliards d’euros. En France, c’est plus de 2 milliards d’euros par an — pour des produits vendus 4 fois leur coût de fabrication sans que personne ne crie au scandale.
🔎 En 2013 — et rien n’indique que la situation s’est améliorée — une enquête révélait que 59 % des compléments à base de plantes testés ne contenaient aucune trace de la plante indiquée sur l’étiquette. À la place : du riz, des céréales, voire d’autres plantes potentiellement allergènes.
🔎 En 2023, les contrôles de la répression des fraudes ont révélé qu’un tiers des compléments alimentaires présentaient des anomalies. Parmi les problèmes relevés : des écarts importants entre les dosages annoncés et les dosages réels. Pour les compléments destinés aux enfants, 90% des non-conformités concernaient des différences entre les teneurs en vitamines annoncées et celles réellement mesurées.
Pour le prix d’une boîte d’ampoules de radis noirs, combien peut-on en acheter de vrais au marché ? On pourrait même les manger ?! Révolutionnaire.
Le problème n’est même pas que ces compléments existent mais qu’ils sont tous mis sur le même rayon — ceux qui sont utiles dans certains cas, ceux qui ne servent à rien, et ceux qui peuvent faire du mal.
Une carence en vitamine D avérée par analyse sanguine ? Une supplémentation en fer pour une anémie diagnostiquée ? Dans des cas précis, prescrits par un médecin, ils sont utiles. Le problème, c’est l’auto-prescription sans diagnostic, les dosages fantaisistes, et surtout l’idée qu’ils peuvent remplacer un traitement médical.
« Au pire, ça ne fait rien. » C’est ce qu’on se dit. Or, une étude de 2015 estimait qu’aux États-Unis, les compléments alimentaires causaient environ 23 000 visites aux urgences par an.
Pas si inoffensifs que ça, finalement.
Alors pourquoi, face à ces données, le marché continue-t-il de croître ?
Parce qu’on n’achète pas un complément avec sa tête — on l’achète avec son anxiété, sa fatigue, son sentiment de n’avoir pas été écouté par son médecin… Et c’est exactement ce terrain-là que ces produits ont su conquérir.
🪨 Le cas du sillicium
C’est un des compléments stars du rayon Articulations. Les témoignages sont enthousiastes, les promesses abondantes : os, articulations, peau, cheveux, tissu conjonctif.
Sauf que le service public d’information en santé est catégorique : aucune étude clinique fiable et indépendante n’a été menée sur ses effets chez l’homme. En 2012, l’EFSA et la Commission européenne ont tranché : toutes ces allégations sont interdites. Le produit se vend quand même — en rayon, librement, avec des promesses qui contournent habilement l’interdiction.
Le silicium n’est pas un cas isolé. Revenons encore une fois sur le collagène. Je ne m’en lasse jamais !
🐟 Le cas du collagène
On me demande souvent si le collagène “nourrit” les fascias. La réponse est simple : non.
Le collagène que vous avalez est digéré comme n’importe quelle protéine. Il ne va pas « réparer » directement vos fascias, ni votre peau, ni vos tendons. Cette idée est séduisante… mais biologiquement simpliste. Votre corps ne sait pas d’où vient l’acide aminé qu’il absorbe. Il ne reçoit pas du collagène — il reçoit des briques, qu’il réassemble comme il l’entend.
Oui, certaines études montrent des effets. Quelques % d’hydratation, un peu d’élasticité, parfois moins de douleur articulaire. Mais ces effets sont faibles, souvent mesurés en laboratoire, rarement visibles dans la vie réelle. Et surtout : ils apparaissent principalement dans les études financées par l’industrie. Quand on regarde les études indépendantes, ces effets deviennent incertains, voire disparaissent.
Et c’est là que le marketing prend le relais.
On extrapole, on simplifie… et on finit par vendre n’importe quoi. Jusqu’à parler de “collagène végétal”, qui n’existe tout simplement pas.
Le sujet vous intéresse ? Je l’ai abordé dans un article récent
Mythe sur les fascias n°10 : « le collagène est bon pour les fascias »
⚠️ Ce qu’on ne peut pas non plus ignorer
Pointer les dérives du marché des compléments ne signifie pas absoudre l’industrie pharmaceutique de toutes les siennes.
Le Mediator a causé entre 1 000 et 2 000 morts en France — commercialisé pendant 33 ans malgré des alertes ignorées dès 1997. L’OxyContin a déclenché une crise des opioïdes aux États-Unis dont on mesure encore les dégâts : plus de 500 000 morts en vingt ans. Le Vioxx a été retiré du marché en 2004 après avoir été associé à des dizaines de milliers de décès cardiovasculaires aux États-Unis.
Ces scandales ne relèvent pas d’accidents isolés. Ils révèlent des failles structurelles : conflits d’intérêts, biais dans l’évaluation des risques, inertie des systèmes de régulation. La critique est donc légitime — et nécessaire.
Sans aller jusqu’aux scandales, il y a aussi le quotidien : des antibiotiques prescrits pour des infections virales, des anxiolytiques reconduits des années pour une anxiété qui mériterait un autre suivi, des IPP à vie pour des brûlures d’estomac fonctionnelles. La surprescription n’est pas un scandale — c’est une dérive systémique, silencieuse et tout aussi réelle.
Si les gens se tournent vers les compléments, c’est souvent parce que leur médecin les a reçus en 15 minutes ; parce qu’ils n’ont pas eu le temps de poser leurs questions — voire n’ont pas osé ; parce qu’ils sont ressortis avec une ordonnance mais sans explication, etc. La méfiance envers la médecine conventionnelle n’est pas toujours irrationnelle — elle est parfois la réponse à un système qui n’a pas pris le temps d’écouter.
Mais quand la confiance s’effondre, quelque chose de paradoxal se produit : on ne devient pas plus prudent face à toutes les manipulations. On déplace simplement notre confiance ailleurs. Vers ce qui paraît plus doux, plus humain. C’est précisément dans ce déplacement qu’on devient vulnérable à d’autres formes de tromperie – parfois encore moins contrôlées.
Parmi les mécanismes en jeu, on retrouve notamment le biais de naturalité, qui nous pousse à accorder plus de crédit à ce qui est perçu comme “naturel”.
Et ce déplacement a un coût que personne ne comptabilise. Quand quelqu’un arrête ses antihypertenseurs pour les remplacer par une cure d’aubépine, il ne risque pas seulement de dépenser son argent pour rien. Il risque de laisser une pathologie s’aggraver en silence. Et quand les complications arrivent, elles sont souvent mises sur le compte de l’âge, du stress, ou de “la mauvaise période” — pas sur celui du traitement abandonné.
Parfois, ce déplacement va très loin.
🧐 Quand ça devient sérieux
Ces deux exemples viennent de mon quotidien, à l’époque où je recevais encore des clients.
🩻 Corset ou pas corset
J’ai été contacté par des parents dont l’adolescente portait un corset pour une scoliose sévère. « Assaf, fais quelque chose pour mon enfant. Elle porte un corset 23 heures sur 24, ce n’est pas une vie ! ». Ils voulaient abandonner le corset et chercher des approches « douces ». Je comprends leur anxiété — porter un corset à l’adolescence, c’est dur, socialement et physiquement.
La science est pourtant sans ambiguïté : le corset fonctionne. Et ce que les études montrent aussi, c’est que l’efficacité du corset est directement influencée par le nombre d’heures de port. Autrement dit : l’abandonner, c’est précisément ce qui compromet les chances de l’enfant.
Tester ses convictions sur le dos de son enfant alors qu’il existe des traitements éprouvés, c’est prendre un risque qu’on n’a pas le droit de prendre. Je préfère faire confiance à quelqu’un qui a 40 ans d’expérience en orthopédie — et utiliser en parallèle toutes les approches complémentaires utiles : améliorer la souplesse, le mouvement, la qualité de vie au quotidien.
C’est exactement là que je me situe : utile en complément, pas en remplacement.

💊 Le diabète n’est pas une blague
L’autre jour, une élève m’explique qu’elle a tout arrêté. Les médicaments, terminé. Elle se soigne maintenant avec des plantes. Je hoche la tête, j’écoute. Elle me parle de ses lectures — quelqu’un aurait guéri son diabète avec des jus de betterave, une autre avec une cure de raisins. Des témoignages lus en ligne, pris comme des preuves. Puis elle mentionne, presque en passant, son diabète de type 2. Mal équilibré.
Là, je me dis qu’on a un vrai problème.
Le diabète n’est pas une petite maladie. Je comprends la tentation de chercher des alternatives — mais les complications peuvent être dévastatrices : on peut perdre un pied, une jambe. Les reins lâchent. Le cœur suit.
Il n’existe pas « un » diabète. Ce mot recouvre un ensemble de pathologies très différentes, qui partagent un seul symptôme commun — un taux de glucose trop élevé dans le sang. Les mécanismes varient d’une personne à l’autre. Les traitements aussi. Ce n’est pas la même maladie chez tout le monde, et ce n’est certainement pas la même solution.
Alors lire un livre sur une technique miracle, trouver un praticien qui promet de tout régler — c’est prendre un risque considérable avec sa santé. Pas parce que la curiosité est mauvaise. Parce que le diabète, lui, n’attend pas.
Le Tissual Balancing® ne fonctionne pas avec les diabétiques. Parfois, juste après la séance, il y a une amélioration, mais même pas trois heures après, tout revient comme avant.
J’ai pourtant vu des personnes qui s’accrochaient : « Ça marche un peu, peut-être qu’avec une autre séance… » Mais dans le cas du diabète, selon mon expérience, ça ne donne rien. Il vaut mieux surveiller la glycémie avec un vrai suivi médical. C’est souvent à partir de là que tout commence à s’améliorer.
🏥 Ce que la médecine moderne a changé
Je suis le premier à le dire : travailler à sa mobilité est l’un des meilleurs médicaments qui soit. La grande majorité des problèmes musculo-squelettiques s’améliorent quand on met le corps en mouvement — et s’aggravent quand on l’immobilise. C’est le cœur de ma pratique, et j’y crois profondément.
Mais certaines situations ne laissent pas le choix. Certaines hernies discales peuvent provoquer un handicap total. Certaines blessures au niveau de la moelle épinière, si on ne les opère pas vite, peuvent nous laisser en fauteuil roulant pour le reste de notre vie. Et face à une infection sévère, les mangues et les purges d’estomac n’ont jamais sauvé personne — c’est l’antibiotique qui fait le travail.
Autrefois, on pouvait facilement perdre la vie à trente ans à cause d’une simple fracture ouverte. Aujourd’hui, c’est devenu rarissime.
En 1900, l’espérance de vie en France était de 47 ans — tirée vers le bas par une mortalité infantile massive. Aujourd’hui, elle dépasse 82 ans. Cette progression tient à plusieurs facteurs : l’hygiène, la nutrition, les conditions de travail… mais aussi, indéniablement, aux progrès de la médecine moderne. Les antibiotiques, les vaccins, les traitements contre le cancer, les médicaments cardiovasculaires – tout cela a participé à cette révolution.
Donc, oui, il faut parfois passer par l’hôpital. Oui, il y a des risques. Mais je ne connais pas d’autre solution dans ces cas-là.
Personnellement, je reste profondément reconnaissant envers la médecine moderne et les chercheurs qui passent des années à développer des traitements efficaces qui sauvent des vies. Et tout particulièrement envers notre système de santé français — l’un des rares au monde où ces traitements sont accessibles à tous. On ne mesure pas toujours cette chance extraordinaire. Et je vous parie ma chemise qu’à la première maladie sérieuse, à la première chirurgie, ceux qui rejettent en bloc la médecine conventionnelle ne seront pas les derniers à courir après les médicaments.
⚖️ Pour conclure…
Les gens n’achètent pas parce qu’ils sont convaincus. Ils achètent parce que le doute n’empêche pas l’action.
Ce qui a changé, ce n’est pas seulement l’accès à l’information. C’est la place qu’occupe la santé dans nos vies. On n’a jamais autant voulu l’optimiser, la prolonger, la contrôler. Le corps est devenu un projet. L’incertitude, quelque chose qu’on supporte de moins en moins.
Les repères n’ont pas disparu — mais ils ne suffisent plus. La médecine reste indispensable, mais d’autres récits coexistent avec elle, sans hiérarchie claire. L’expérience du voisin, le compte Facebook d’une naturopathe à 80 000 abonnés, le témoignage lu à 2h du matin. Tout se vaut, ou presque.
Dans cet environnement, certaines réponses prennent de l’avance. Pas parce qu’elles sont les meilleures — mais parce qu’elles sont là, disponibles, simples, rassurantes. Compatibles avec l’envie d’agir sans attendre.
Les compléments alimentaires s’inscrivent exactement là.
Et dans un monde où il devient difficile de ne rien faire, ce ne sont pas toujours les solutions les plus solides qui gagnent — mais celles qui passent le mieux. Y compris quand elles ne suffisent pas.
Rédacteur : Assaf Cohen, Aix-en-Provence, printemps 2026

Série « Choisir ses traitements en connaissance de cause »
Glossaire
Big Pharma
Expression désignant l’industrie pharmaceutique mondiale, souvent utilisée de façon critique.
Effet placebo
Amélioration de l’état d’un patient résultant de la simple croyance en l’efficacité d’un traitement, indépendamment de son action réelle.
Double aveugle
Protocole de recherche où ni le patient ni le médecin ne savent qui reçoit le traitement réel ou le placebo, pour éviter les biais.
Principe actif
Substance contenue dans un médicament ou un complément qui produit l’effet thérapeutique recherché.
Pharmacovigilance
Surveillance des effets indésirables des médicaments après leur mise sur le marché.
🔗 Quelques articles pour aller plus loin
Newmaster, S. G. et al. (2013) – DNA barcoding detects contamination and substitution in North American herbal products
Cette étude canadienne révèle que 59% des compléments à base de plantes testés ne contenaient aucune trace de la plante mentionnée sur l’étiquette.
➜ https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/1741-7015-11-222
Geller, A. I. et al. (2015) – Emergency department visits for adverse events related to dietary supplements
Analyse des visites aux urgences liées aux compléments alimentaires aux États-Unis.
➜ https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsa1504267
DGCCRF (2023) – Compléments alimentaires : des anomalies encore trop nombreuses
Les contrôles officiels français révèlent qu’un tiers des compléments alimentaires présentent des anomalies.
➜ https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/complements-alimentaires-des-anomalies-encore-trop-nombreuses
Myung SK, Park Y (2025) – Effects of Collagen Supplements on Skin Aging: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials
Méta-analyse sur 23 essais contrôlés sans appel : seules les études financées par l’industrie affichent des résultats positifs.
➜ https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40324552/
Sénat français (2011) – La réforme du système du médicament, rapport de la mission commune d’information sur le Mediator.
Synthèse officielle des études épidémiologiques INSERM estimant entre 500 et 2 000 morts attribuables au benfluorex pour 5 millions de consommateurs sur 33 ans.
➜ https://www.senat.fr/rap/r10-675-1/r10-675-17.html
ANSES – Nutrivigilance : Dispositif de surveillance des effets indésirables
Le système français de surveillance permet de signaler les effets indésirables des compléments alimentaires et d’alerter sur les produits à risque. Un outil essentiel pour la sécurité des consommateurs.
➜ https://www.anses.fr/fr/content/tout-savoir-sur-le-dispositif-de-nutrivigilance
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